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Pelinda Pendeza

Les formes sont généreuses, des silhouettes féminines puissantes dans leur quotidien de femme. On songe à Fernando Botero et ses personnages tout en rondeur, aux formes voluptueuses mais aussi aux Nanas de Niki de Saint-Phalle, ces femmes aux proportions généreuses et pourtant si aériennes : l’art de Pelinda Pendeza est un savant alliage de ces deux artistes, tout en légèreté. C’est à travers ses peintures, à la matière en relief subtilement travaillée, que Pelinda Pendeza se dévoile.

Porte-parole engagée, l’artiste congolaise, ancienne couturière a dû faire face à de nombreux obstacles avant de pouvoir peindre et être reconnue en tant que femme artiste. Elle se raconte par ses toiles, tout comme elle narre les vies des femmes. A son image, ses femmes sont valeureuses et vaillantes, y compris quand Pelinda Pendeza peint des sujets tabous comme les violences conjugales. Ses œuvres sont empreintes de force et de poésie, rappelant aussi la fragilité dont elles font part. Pelinda Pendeza nous présente une ode à la femme face aux difficultés qu’elles rencontrent.

Sa touche est particulièrement singulière, fine construction parfois de formes géométriques, mêlant différents matériaux qu’elle a à cœur d’utiliser dans une démarche écologique. Par un détail, dans un univers coloré de couleurs lumineuses, Pelinda Pendeza nous indique une situation qu’elle dénonce : une bretelle de robe baissée, un tissu déchiré, un signe qui signale un fait peu visible à premier abord. Sa palette est chatoyante, joyeuse et lumineuse comme un chant, peut-être les voix des différentes femmes qu’elle représente. Femme de caractère, déterminée et généreuse, y compris dans sa féminité, Pelinda Pendeza nous offre une façon de valoriser la force et la volonté d’aller de l’avant plutôt que les blessures. De par son parcours, elle tend à inciter les femmes et jeunes femmes à se dépasser et à surmonter les obstacles qui se dressent sur la vie imposée à la gente féminine.

Non, pas voir ça, Huile sur toile, 2020, Pelinda Pendeza

Devant nous se tient une femme debout, qui nous fait face. Elle porte une robe, dont la bretelle n’est plus visible car arrachée. Sa main gauche retient le haut de sa robe qui ne maintient plus sa poitrine. Son autre main cache entièrement son visage et sa bouche, tête au ciel. Ce sont ces gestes de défense et d’effroi qui constituent la force de cette œuvre, une puissante manière de dénoncer les violences conjugales, trop récurrentes en RDC, pays de l’artiste engagée Pelinda Pendeza.

Anouk Bertaux, Historienne de l’art

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