PeintreFabienne OCTOBRE

“Peindre,  je dirais que c’est tenter d’être fort pour affronter son chaos personnel. C’est s’accepter,  se réparer et peut-être se ré-inventer…”

“Peindre,  je dirais que c’est tenter d’être fort pour affronter son chaos personnel. C’est s’accepter,  se réparer et peut-être se ré-inventer… Offrir à l’autre un peu de son unicité, partager un court moment cette solitude commune,  parce que sans l’autre,  mais malgré l’autre, nous ne sommes finalement que du silence….”

L’enfance est au cœur de mon travail parce que c’est dans cette période de notre vie que commencent les altérations qui font de nous l’adulte que nous sommes. On fait avec son enfance, souvent même on ne la partage pas, elle reste en nous.

Trop aimé ou pas assez aimé, je ne pense pas que l’on guérisse de son enfance. On cherche sa vie dans les regrets de cet amour ou l’attente d’une réparation. Cette problématique porte mon travail de peintre, car de manière générale, je dirais que c’est un moyen pour moi de  tenter d’être forte d’affronter et mettre de l’ordre dans mon chaos personnel.

C’est aussi une réinvention, car un tableau est comme le texte d’un roman : un mélange subtil de vérité et de mensonges. Quand je commence une série, je ne choisis pas le thème.  Il  s’impose à moi, c’est comme un désir qu’il me faut satisfaire. Dans cette série, je pense que les traits blancs marquent symboliquement les altérations qui nous façonnent. Les personnages sont seuls avec eux-mêmes, ne pouvant se soustraire et pourtant on sent, je crois,  qu’ils dégagent une certaine force de résistance qui leur permettra d’avancer.